septembre 28, 2005

On fait de bien grands détours pour aboutir seuls...

-Inspiré de l'Escalier de Paul Piché-

septembre 17, 2005

Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n'est pas d'objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu'une fenêtre éclairée d'une chandelle. Ce qu'on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie.

Par-deléa des vagues de toits, j'aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j'ai refait l'histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant.
Si c'eût été un pauvre vieux homme, j'auais refait la sienne tout aussi aisément.

Et je me couche, fier d'avoir vécu et souffert dans d'autres que moi-même.

Peut-être me direz-vous: "Es-tu sûr que cette légende soit la vraie?" Qu'importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m'a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis ?


Les fenêtres - Charles Baudelaire

septembre 11, 2005

Ce soir je me tais... parce que j'ai jadis trop hurlé. Ce soir je me force à respirer, parce que j'ai trop longtemps étouffé.
Ce soir je n'ai aucune force à donner à ces encores. Je n'ai rien à foutre de ces toujours et de cette roue vicieuse. Je ne cherche plus rien à comprendre. Plus je cherche plus je me perd. Faire face au rejet de mes sentiments... indépendante de mes propres sentiments. Mais qu'est ce que ça peut bien faire ?